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Sortie du bulletin trimestriel de l'AICTPL
L' Association Internationale des Collectionneurs des Timbres-Poste du Laos, vient de faire paraître le numéro 107 de son bulletin de liaison.
Cette publication n'est accessible qu'en adhérant à l' A. I. C. T. P. L, moyennant une modique cotisation annuelle, vous aurez accès à une somme de connaissances accumulée sur la philatélie, la cartophilie Lao par tous les membres de cette association.
L' A. I. C. T. P. L. existe depuis 1973.
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Forum de l' A. I. C. P. T. L
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PHILAO n° 107, 2éme trimestre 2017.
Page 04 – Vie de l'association, par P. Drillien
Page 07 – In Memoriam : François Tarier, par P. Drillien
Page 08 – Votre bibliothèque, par P. Drillien
Page 09 – Du riz gluant à la pizza, par N. Souvannavong
Page 10 – Les CPA nous parlent : la mission évangélique au Laos , par D. Geay-Drillien
Page 13 – Claude Jumelet, graveur de l’âge d’Or (I), par J-F. Rotteleur
Page 14 – Un peu de tout, par P. Drillien       
Page 15 – Mes souvenirs du Laos : prologue - plateau des Boloven , par P. Dupont-Gonin
Page 18 – Influence du bouddhisme Theravada au Laos, par S. Pounpadith
Page 22 – Coopération Chinon - Luang Prabang, par P. Le Baron
Page 25 – Nos achats du trimestre, par E. Moallem et P. Drillien
Page 26 – En marge de l’ASEAN (2015), par P. Drillien


 27-05-2017
Vientiane. (4) Suggérer par mail
Alfred Raquez en 1902       Pages Laotiennes par A. Raquez (4)
Vientiane

 La bataille des confetti. — Des fleurs! des fleurs! des fleurs ! — L'hymne des poivrots. — Enchaîné par les femmes. — La question. — Cérémonie nuptiale. — Le têt — Annamites talons rouges. — Exposition forestière. — En 1650. -- Les grands lay d'un ambassadeur hollandais. — Le serment. — Grandeur et décadence. -- En 1900. — Fête à la Résidence supérieure. — Musiciens et chanteurs. — Le Tât Luong. — L'éléphant en fureur. — R. F. V. T. — Ordination bouddhiste et brimades. — Le Thikhi. — Le peuple s'amuse. — Le Keng. — Pabeuc et Palum. —  Calendrier laotien.

27 janvier.
Un banc de sable de 7 à 800 mètres s'est formé en face de la ville. Il faut le traverser pour arriver jusqu'au palais provisoire de la Résidence supérieure.
Forment la haie, les miliciens annamites et laotiens, les enfants de l'école dirigés par un annamite, les mandarins et notables du pays.
Quelques indigènes en costume rouge portent des lances anciennes ornées de niellures d'or et de ciselures d'argent. Suivant les rites ils détournent la tête et baissent les yeux devant le Grand chef qui passe.
Les femmes accroupies présentent dans des coupes ciselées des fleurs odorantes et des flambeaux de cire jaune. Elles jettent sur le cortège des grains de riz en signe de cordiale bienvenue. Presque la bataille des confettis sur les rives du Mékong. Ce sont des femmes d'âge, en général peu intéressantes d'aspect. Les jeunes ne se mon­trent guère, malheu­reusement.
Patience !
Avalanche de fleurs quelques-unes artistement présentées sur pyramides de feuilles de bananiers et qui font de ravissantes corbeilles de table.
La Résidence supérieure embaume.
Un des groupes est celui des femmes mûres déléguées par les familles laotiennes revenues depuis le traité de 1893 des environs de Bangkok où les avaient emmenées les Siamois vainqueurs.
Presque toutes ont quitté le sampot siamois pour reprendre le sin na­tional. Avec l'écharpé ou pilé, il forme le costume des femmes laotiennes.
Les hommes, au contraire, portent le sampot descendant jusqu'aux genoux et dont l'une des extrémités passe entre les jambes pour venir s'enfoncer dans la ceinture.
C'est à la suite du désastre de 1827 que les femmes laotiennes se virent dans la nécessité de couper leur opulente chevelure pour porter les cheveux en brosse, à la mode de leurs vainqueurs.
Pauvres chéries ! que de pleurs et quels transports de rage eut excité chez nous semblable clause insérée dans le traité de Francfort !
Dimanche 28 janvier.
Le Paya si, les kromakan (mandarins) suivis d'une foule de curieux des deux sexes, envahissent le grand hall de la Résidence supérieure. Tous ont apporté des pyramides ou des gerbes de fleurs superbes.
Je compte trente-deux grandes corbeilles qui embaument et fascinent : fleurs du frangipanier capiteux, de l'aréquier gracile, du muguet sauvage, de l’ixora aux bouquets de corail, de l'oranger et du pamplemoussier s'excitant à l'envi, du sceau de Salomon dont les campanules jaunes tombent gracieuses en longues et frêles brindilles comme les grelots du bonnet de Triboulet, du jasmin délicat, de la rhubarbe et de vingt plantes devant lesquelles s'incline, ignorante, la modeste science d'un botaniste du Marché de la Madeleine.
Ils vont procéder à la curieuse cérémonie du bassi dont nous allons voir les différentes phases se dérouler sous nos yeux.
Devant le Résident supérieur et les Français de Vientiane, assis en demi-cercle, le parterre de fleurs et la foule accroupie.
Le Naï san, premier mandarin de justice, remplit les fonctions de maître des cérémonies. Il a devant lui, sur un plateau ciselé, un gâteau de riz et l'œuf mascotte pour préserver des phi malfaisants, de l'eau lustrale, de nombreux fils de coton noué, de petits bouquets de fleurs, dont un morceau de feuille de bananier forme l'enveloppe, et un bol d'alcool.
C'est par la bénédiction de l'alcool que la cérémonie va commencer.
Ayant ajusté ses grandes lunettes chinoises, le Naï san lit la formule sacramentelle, après s'être profondement incliné devant le chef du pays :
« Ici je vais narrer l'anecdote sur l'alcool, racontée déjà par nos «parents et nos ancêtres.
« C'est une histoire ancienne remontant aux Ho Houa khao (1) Population du Tranninh. Cette région s'appelle au Laos le Muong Pou Eun c.-à-d. Royaume Pou Eun. Peuplade du Yunnan (Ho à turban blanc) qui a été transcrite en langue Pou Eun et en langue laotienne du temps de Na In Aua. »
« L'alcool a une odeur dont l'univers est parfumé. Cette phrase fût répétée de génération en génération. Les Kha appellent l'alcool « Om saleng ». Les Man de Birmanie et les Pegouan « Sio choy. ». Les Phay Noy « Ta kha. ». Les Coula « Mang cho. ». Les Ho et les Han « Sio chéo. ». Les Moï et les Keo (annamites) « Lio. ». Les habitants de Lan San (Vientiane et Luang Prabang) « e Nam oi na» (Eau de la canne à sucre des champs) et ils l'appellent aussi «Nam « ta Phi Phet » (larmes du Phi Phet) (2) Le Phi Phet sorte de revenant est l'un des principaux génies laotiens.
Ces différents noms sont donnés à l'alcool ordinaire ou « Nam lao sitho ».
Lorsqu'il est distillé comme il convient et mis dans un ô (bol), il devient le Nam lao.
En langue pali, langue du Bouddha, on l'appelle Nam souva et chaque peuple le désigne sous un nom différent.
« L'alcool donne du courage et de la bravoure; quiconque en boit devient intelligent et son esprit s'affine.
« L'alcool a un goût délicat, réunissant les qualités sucrées et amères. Il est bien supérieur au sucre de canne et au sucre de palmier.
« Dans ce monde on ne trouve de plaisir qu'en lui.
« L'alcool est le soutien du peuple.
« Quiconque veut donner une fête offre de l'alcool qui figure même dans les fêtes religieuses et parmi les présents d'adoration.
« Les sorciers en usent dans leurs évocations et les bonzes dans leurs présents de voeux.
« L'alcool est l'eau la plus précieuse et la plus bienfaisante que l'on puisse trouver sur la terre.
« Cette eau dissipe les ennuis et les chagrins.(Le vin dissipe la triste... eesse — air connu.)
« Les pauvres parlent de richesse aussitôt qu'ils en boivent et se vantent d'avoir des qualités bien supérieures à celles de leurs parents.
« Il se disent plus forts que le Phi Dam et le Phi Douang.
« Ceux qui ont de gros ventres se vantent après l'avoir bu que leurs « ventres sont lisses et bien tendus comme ceux des hauts mandarins.

« Ceux qui ont des maladies d'yeux se vantent d'avoir une vue perçante et de distinguer ce qui se passe chez les Ho et les Keo (au Yunnan et en.. Annam).
« Personne ne peut se dispenser de boire de cette eau, même les plus riches et les plus intelligents; les pauvres la recherchent avec acharnement.
Nouvelle prosternation devant le Résident supérieur.
« Maintenant je vais tremper ce fil de coton dans cet alcool pour entourer votre bras droit, formant pour vous des voeux de bon sommeil,
« souhaitant que chaque fois que vous chiquerez le bétel, vous ayez votre coude droit appuyé sur la poitrine d'une jolie fille qui vous sourira avec tendresse ! ! !
« Quand vous irez du côté du soleil couchant, que la bonne fortune vous suive. Puissiez-vous trouver des trésors où votre bras s'enfonce jusqu'au coude !
« Quand vous irez du côté du levant, que vous trouviez des lingots d'or et d'argent jusqu'à remplir votre caisse !
« Si vous sortez de chez vous, que le Génie de la terre et le Génie de l'eau écartent de vous tout danger !
« Si vous allez du côté de Muong Man (Birmanie), que vous. Reveniez chargé de lingots d'or et d'argent!
« Si vous allez à Bangkok, que vous reveniez chargé d'étoffes de soie des Indes et de ticaux boules (3) Ancienne monnaie siamoise.
 « Je souhaite que la pauvreté ne vienne pas dans votre demeure et que la richesse, ainsi que la prospérité, ne cessent d'y régner !
« Je vous souhaite une famille aussi nombreuse que les petites rivières qui alimentent le Mékong !!!
« Puissiez-vous élever en parfaite santé tous vos garçons et vos filles !
« Je souhaite que les meubles de votre maison deviennent ornés de « pierres précieuses et d'or.
« Que mes voeux soient exaucés!
Ils vont bien, ces bons Laotiens! Je recommande leur « Hymne des poivrots » à la ligue contre l'alcoolisme. Et encore j'ai dû supprimer deux ou trois passages par trop réalistes qui avaient le don de faire esclaffer la foule et surtout la partie féminine de l'auditoire.
Le Paya Si s'avance vers le Résident supérieur, un fil de coton à la main. Il se prosterne et récite l'invocation suivante à laquelle nous conservons exactement sa forme sans nous charger d'en expliquer tous les détails que les Laotiens eux-mêmes n'ont pu nous expliquer.
C'est l'ancienne formule du bassi réservée aux souverains:
« Aujourd'hui est un jour de gloire et de bonheur pour cette terre.
« C'est en un jour pareil que les sources coulent et fertilisent la plaine.
« C'est en un jour pareil que le Dieu Indra se couronna de son diadème.
« C'est en un jour pareil que Bouddha est venu au monde.
« C'est en un jour pareil que les deux princes frères bercent leur plus jeune frère pour l'endormir.
« C'est en un jour pareil que le tonnerre gronde pour annoncer la gloire.
« C'est en un jour pareil que Bouddha se fit bonze.
« C'est en un jour pareil que cent puissances viennent se réunir autour du Khuoan (Génie protecteur).
« C'est en un jour pareil que Phya Chan succéda à son père. L'héritier royal qui succède à son père choisit aussi un jour pareil.
« Ceux qui font battre des coqs et qui jouent à la loterie choisissent un jour pareil pour invoquer leur chance et aussi les poètes pour composer leurs chants.
« Que les malheurs s'écartent de vous !
« Que vos couleurs soient comme les fleurs du Dok Benjamat ! (4) Fleur qui pousse en abondance sur un petit arbuste et répand un parfum exquis.
« Que votre beauté soit égale au Boua Thong (lotus d'or) ! !
« Que son éclat ne ternisse jamais et soit égal aux huit vertus !
« Que les mauvais désirs ne viennent pas en vous! .
« Que vous puissiez monter sur un éléphant paré de bijoux pour entrer triomphalement prendre possession d'une ville et qu'après la prise de possession, le Dieu Indra fasse pleuvoir sur la ville une longue pluie bienfaisante !
« que vous ayez des richesses innombrables jusqu'à votre vieillesse !
« Que vous soyez vainqueur des quatre royaumes situés sur le Mont Mérou !
« Je vous souhaite une longue vie et des milliers de sujets.
« Que votre corps soit exempt de toute maladie et votre sommeil « troublé!
« Que tout ennui et toute souffrance s'écartent de vous !
« Qu'il n'y ait pour vous que dignités, honneurs et gloire !
« Que vos qualités soient connues de toute la terre !
« En terminant, je vous souhaite une longue et bienheureuse vie, une « vie de 5.000 ans (sic) »
Enfoncé, Mathusalem !
Chacun des autres Français qui entourent le Résident supérieur est soumis à la même cérémonie. Mais les souhaits sont différents, cela se con­çoit.
C'est une bonne vieille qui me remet un petit bouquet, deux petites bougies de cire jaune et m'orne consciencieusement le poignet droit du bracelet de coton pendant qu'une autre vénérable me saisit le poignet gauche et se livre à la même opération.
Toutes deux chantonnent la formule consacrée.
« Ce jour est un jour de bonheur !
« Le coton venant du paradis, récolté, séché, égrené puis passé au rouet pour sortir en fil blanc ressemble par l'éclat de sa blancheur aux diamants les plus coûteux.
« Coton bienheureux ! Attire donc par ta blancheur comparable aux vertus du Bouddha, attire le Khouan (Génie bienfaisant) sur la personne dont je vais entourer les poignets.
« Viens donc, Khouan oïl !
« Je vais vous entourer le bras droit en vous souhaitant le titre de Mün Na (Maître des dix mille rizières)
L'autre dit :
« Je vais vous entourer le bras gauche en vous souhaitantle titre de Maître de Mün Ban (Maître des dix mille villages.)
« Viens donc, Khouan Oï ! Viens donc et reste le gardien de cette personne comme le banian qui couvrit Bouddha de son ombre.
« Que tous les malheurs s'écartent de vous !
« Que les brigands Man (Birmans) ne viennent jamais vous troubler !
« Que le bonheur soit avec vous !
Et les bonnes vieilles font demi tour pour retourner au milieu des fleurs.
Enchaîné par des femmes ! Pas banal, le Laos !
Mais pourquoi ne m'ont-elles pas souhaité à moi aussi de chiquer le bétel, le coude droit, appuyé sur…..C'est tricher. Je réclame ! Vive l'égalité !
Ces cordons de coton tressé que nous voyons aux poignets, au cou et parfois portés en bandoulière de l'épaule à la hanche ne sont-ils pas un souvenir de la religion brahmanique ?
L'une des cérémonies essentielles de cette religion est en effet l'appo­sition d'un cordon de neuf fils de coton tressés trois par trois, ce qui équivaut dans l'Inde au baptême de la religion catholique.
Ceux qui reçoivent le cordon sacré entrent par ce fait dans la catégorie des Djivao, « deux fois nés » à la vie matérielle et à la vie spirituelle.
L'on voit encore aux Indes multitude de gens portant en bandoulière, de l'épaule gauche à la hanche droite le mince cordon blanc.

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